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"La France des DRH" ? Parce que c'est mon "projet" !

le Ven 22 Déc - 19:40
Rappel du premier message :


Kalawasa
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Re: "La France des DRH" ? Parce que c'est mon "projet" !

le Sam 7 Juil - 9:57
Ahhh, Eddie : les opérations extérieures sont du pain bénit pour nos pandores et bidasses !Je connais deux cas de volontaires pour la guerre des Balkans et le Tchad . Ils n'étaient pas vraiment motivés par l'établissement de la démocratie dans ces lointaines contrées, mais les primes conséquentes leur ont permis de payer.....leur divorce ! Very Happy  La liberté a un prix !
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EddieCochran+
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Re: "La France des DRH" ? Parce que c'est mon "projet" !

le Sam 7 Juil - 11:08
49 -

Kalawasa a écrit:Ahhh, Eddie : les opérations extérieures sont du pain bénit pour nos pandores et bidasses !Je connais deux cas de volontaires pour la guerre des Balkans et le Tchad . Ils n'étaient pas vraiment motivés par l'établissement de la démocratie dans ces lointaines contrées, mais les primes conséquentes leur ont permis de payer.....leur divorce ! Very Happy  La liberté a un prix !

Ça montre bien qu'il n'y a pas que de sots motifs pour aller risquer de se faire trouer la peau ! Finalement si les guerriers ont tant de mordant c'est à cause des nanas...
Elle est belle la France !
Younes Terre
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Re: "La France des DRH" ? Parce que c'est mon "projet" !

le Ven 20 Juil - 20:22
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C'est l'histoire d'un accident de la vie , le mec ( ou la femme) perd son emploi, tarde à en retrouver un , les dettes s'accumulent , il n' a plus de cartes bleu , plus de téléphone ou de moyen de transport , il perd son logement et se retrouve dans l'incapacité de répondre à une offre de travail et fini SDF...
Mais sans doute la personne en question est responsable de sa situation , elle a trop fait confiance à l'état providence, c'est bêtement laissé endoctriné par la publicité , à consommé de la merde , a investi dans un grand écran à crédit pour regarder le foot au lieu de se former , se cultivé ...etc
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EddieCochran+
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Re: "La France des DRH" ? Parce que c'est mon "projet" !

le Sam 21 Juil - 0:54
Réputation du message : 100% (1 vote)
51 -

Un grand adage du droit civil (art. 1116 CC) reprend le droit romain en sa disposition célèbre Nemo auditur propriam suam turpitudinem allegans et dispose en francaoui in zé texte : « nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude ».

C'est du droit des contrats certes, mais en s'inspirant de sa substantifique moelle, l'on peut l'avoir à l'esprit quand on aborde le comportement des malheureux qui se laissent embarquer dans des histoires de surendettement délirantes dont ils sont - a minima pour 50% - eux mêmes responsables au même titre que ceux qui les y plongent sans avoir pris soin de vérifier les possibilités des emprunteurs ou sans les avoir informés des risques qu'il prenaient.

Mais bien évidemment c'est de la faute du gouvernement et du président, jamais celle des gens qui partent en live.
Younes Terre
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Re: "La France des DRH" ? Parce que c'est mon "projet" !

le Sam 21 Juil - 9:37
EddieCochran+ a écrit:51 -

Un grand adage du droit civil (art. 1116 CC) reprend le droit romain en sa disposition célèbre  Nemo auditur propriam suam turpitudinem allegans et dispose en francaoui  in zé texte : « nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude ».

C'est du droit des contrats certes, mais en s'inspirant de sa substantifique moelle, l'on peut l'avoir à l'esprit quand on aborde le comportement des malheureux qui se laissent embarquer dans des histoires de surendettement délirantes dont ils sont - a minima pour 50% - eux mêmes responsables au même titre que ceux qui les y plongent sans avoir pris soin de vérifier les possibilités des emprunteurs ou sans les avoir informés des risques qu'il prenaient.

Mais bien évidemment c'est de la faute du gouvernement et du président, jamais celle des gens qui partent en live.

Oui mais là on parle d'une personne qui est payée pour lutter contre la pauvreté !
Une personne malade est responsable de sa santé , si elle fume , picole , fait pas de sport ! Que dire d'un médecin qui décréterait qu'il faut supprimer les anti-douleurs pour obliger les malades à se bouger le cul ? Les mauvais conducteurs les équipement de sécurité pour les responsabiliser ?
Dur avec les faibles faible avec les fort cela pourrait être la devise de LREM !!!
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EddieCochran+
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Re: "La France des DRH" ? Parce que c'est mon "projet" !

le Sam 21 Juil - 16:28
52 -

Younes Terre a écrit:(...)
Dur avec les faibles faible avec les fort cela pourrait être la devise de LREM !!!

Younes, Cher ami, voyons, vous accablez LREM sur le fondement d'une opinion sortie de son contexte qui est du fait de Madame Zuhal Demir , d'origine turque et kurde, de nationalité belge, née à Gand le 02-03-1980, qui est Secrétaire d'État fédérale à la Lutte contre la pauvreté, à l'Égalité des chances, aux Personnes handicapées et à la Politique scientifique, chargée des Grandes villes, adjointe au ministre des Finances, - ouf il faut du souffle pour dire son titre - depuis le 24 mai 2017 au sein du gouvernement Michel!

Elle est ministre fédéral du Royaume de Belgique, et cerise sur le gâteau elle est avocat et  membre du parti nationaliste flamand N-VA.

N-VA, des anti-européens assimilés à LREM ouvertement pro-européenne. Décidément de nos jours la cyber génétique des intox foisonnantes de la vaste toile mondiale réussit le mariage de la carpe et du lapin. Un joli sujet de sociopsychologie, n'est-il pas ?



Elle a de la conversation et de beaux yeux verts.
Younes Terre
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Re: "La France des DRH" ? Parce que c'est mon "projet" !

le Sam 21 Juil - 18:23
Oups je me suis emmêlé les pinceaux vous avez tout à fait raison !
Il faut dire que l’extrême centre et l’extrême droite sont sur ce sujet extrêmement proche !
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EddieCochran+
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Re: "La France des DRH" ? Parce que c'est mon "projet" !

le Dim 22 Juil - 10:51
53-

Younes Terre a écrit:(...)
Il faut dire que l’extrême centre et l’extrême droite  sont sur ce sujet extrêmement proche !

Oui comme les poumons, mais au centre entre les deux bat le cœur...
Younes Terre
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Re: "La France des DRH" ? Parce que c'est mon "projet" !

le Mer 1 Aoû - 20:37
Réputation du message : 100% (1 vote)
LREM ? "Quand tu interdis le portable en primaire et collège mais que tu oublies la maternelle"

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Mab-des-bois
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Re: "La France des DRH" ? Parce que c'est mon "projet" !

le Jeu 2 Aoû - 13:55
C'est quand même vachement mieux un député barbu qui envoie des bisous à une députée de la majorité et se défend de sexisme (ben voyons, y fait ça à Collomb, desfois ?).
Younes Terre
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Re: "La France des DRH" ? Parce que c'est mon "projet" !

le Dim 5 Aoû - 21:23
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Younes Terre
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Re: "La France des DRH" ? Parce que c'est mon "projet" !

le Mar 18 Sep - 10:47
Younes Terre
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Re: "La France des DRH" ? Parce que c'est mon "projet" !

le Mar 18 Sep - 13:59
Quel sens du réel!!!!

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EddieCochran+
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Re: "La France des DRH" ? Parce que c'est mon "projet" !

le Mar 18 Sep - 14:00
62 -

Je trouvais ce clip de la Parisienne libérée amusant et bien caustique comme j'aime, mais à la fin quand j'ai vu mediapart.fr s'afficher j'ai été pris d'une énorme bouffaïsse.
Younes Terre
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Re: "La France des DRH" ? Parce que c'est mon "projet" !

le Mer 19 Sep - 22:01
EddieCochran+ a écrit:62 -

Je trouvais ce clip de la Parisienne libérée amusant et bien caustique comme j'aime, mais à la fin quand j'ai vu mediapart.fr s'afficher j'ai été pris d'une énorme bouffaïsse.

Oui j'ai remarqué que vous étiez assez comme cela !
Média part n'est pas non plus ma tasse de thé mais la parisienne oui ! Lorsque je trouve une bonne tribune , voir un article correcte sur le Figaro je le post quand même même si le Figaro...
Pourtant c'est moi l'esprit idéologiquement étroit et sectaire !
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Mab-des-bois
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Re: "La France des DRH" ? Parce que c'est mon "projet" !

le Jeu 20 Sep - 9:22
Younes Terre a écrit:(...)
Pourtant c'est moi l'esprit idéologiquement étroit  et sectaire !


Votre lucidité vous honore !  Very Happy
(Aïeuuu, pas la tête !)
Younes Terre
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Re: "La France des DRH" ? Parce que c'est mon "projet" !

le Jeu 27 Sep - 21:46
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EddieCochran+
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Re: "La France des DRH" ? Parce que c'est mon "projet" !

le Ven 28 Sep - 1:26
66 -

Je ne comprends rien à Cuicuiteur. Comment ça marche ? Si n'importe quel couillon peut s'en servir je m'y mettrai peut-être. Y est-on fliqué ?
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Mab-des-bois
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Re: "La France des DRH" ? Parce que c'est mon "projet" !

le Ven 28 Sep - 11:22
Eddie, petit oiseau qui va sortir de l'oeuf, a écrit:66 -

Je ne comprends rien à Cuicuiteur. Comment ça marche ? Si n'importe quel couillon peut s'en servir je m'y mettrai peut-être. Y est-on fliqué ?


Fliqué comme n'importe où sur le ouaib à partir du moment où vous vous enregistrez. Pas pire, pas moins.

Jy suis inscrite juste pour lire, et je me tape des barres de classes internationales. Il y a de gros niais, de francs crétins, de fines plumes et de l'esprit caustique.

Les politiques se laissent prendre et y commettent des morceaux de bravoure dont ils se passeraient bien, lorsque les taquins s'en emparent.

Tenez, un échantillon de ce qu'on y trouve, ça ne vole pas toujours très haut (et je dois dire qu'à défaut de compétences, je trouve dans la députation de la FI de quoi me marrer, tant dans la forme consternante que dans le fond prévisible).


PS : Younes, respirez par le nez, ce n'est pas à vous que je m'en prends, vous n'êtes ni Méluche, ni Corbières, ni Obono  Wink

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@quantat
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Re: "La France des DRH" ? Parce que c'est mon "projet" !

le Ven 28 Sep - 12:22
Mme Bonobo ferait mieux de ne pas vendre la peau de la charrette avant de l'avoir tiré...

C'est quoi ces députés qui écrivent comme parlent les kaïras ????
Younes Terre
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Re: "La France des DRH" ? Parce que c'est mon "projet" !

le Ven 28 Sep - 12:48
Répartir équitablement le travail, mais aussi les revenus : l’utopie d’une ferme devenue réalité
PAR FABIEN GINISTY (L’ÂGE DE FAIRE) 29 JUIN 2018

Ils savaient que c’était possible, alors ils l’ont fait : créer une ferme, entre copains, qui génère dix salaires sur une surface qui n’en dégageait qu’un auparavant. Maraîchage, élevage, fabrication de fromage et de pain, brassage de bière… décisions, organisation, répartition équitable du travail et des richesses, tout se fait en commun à la ferme de la Tournerie, dans le Limousin. Un reportage de notre partenaire L’Âge de faire.

La journée commence autour de la grande table. Pain, confiture et fromage circulent. À chacun son rythme, comme un lundi. Il est bientôt 8 h, chacun va commencer sa semaine de travail. Les bancs se remplissent, les paupières et les langues de la dizaine de convives se délient peu à peu.

Quelques mots partagés avec le voisin, échanges multiples qui peu à peu se réduisent à quelques sujets de conversation autour de la table : le groupe est en train de se réveiller à son tour. Tout en débarrassant la table, on parle de moins en moins du week-end, de plus en plus du travail à venir. « On a le Partner en panne à récupérer sur le parking de Coussac », lance Joséphine. « C’est l’embrayage, faut taper dessus », précise Thomas B. « Moi, cet après-midi, je devrais avoir un peu de temps », propose Maxime... Il y a aussi une contravention en suspens : elle sera payée par le pot commun, la question n’est pas là. Mais qui se propose pour endosser la perte de points sur son permis ? La question sera réglée plus tard, sûrement lors d’une des « réunions du mercredi ». Dispersion, tout le monde à son poste.


Tout a commencé par un "chiche" de fin de soirée:
Nous sommes à la ferme de la Tournerie, à 50 km au sud de Limoges. Voilà bientôt trois ans que dix copains, originaires du Nord-Pas-de-Calais pour la plupart, se sont installés sur cette terre aux confins de la Haute-Vienne, de la Corrèze et de la Dordogne. Un territoire « hyper-accueillant, où l’on ne te fait pas sentir que tu n’es pas d’ici », disent-ils. Les copains ne sont pas venus faire du tourisme : « Ici, il n’y a pas de galère d’eau, le sol est suffisamment riche pour pratiquer toutes nos activités, et le prix des terres est bas. » Leur projet dans la valise, ils ont sillonné le Limousin pendant un an avant d’arrêter leur choix sur la Tournerie, 83 hectares auparavant dédiés à l’élevage bovin.

Aujourd’hui, ils y font pousser des légumes, paître vaches, y élèvent chèvres et cochons, y fabriquent des produits laitiers, de la bière et du pain. « La première réunion où l’on a évoqué le projet, c’était en 2010 », explique Thomas G. Plutôt que de réunion, il s’agissait en fait d’une fin de soirée entre étudiants ingénieurs agricoles, à Lille. Un « chiche ! » entre amis qui partagent une même passion pour l’agriculture et une même façon d’envisager sa pratique : paysanne, bio, et suffisamment rémunératrice pour ne pas devenir esclaves du travail. Pour « montrer que c’est possible », mais aussi, « avant tout, pour s’installer entre potes », souligne Thomas G. « Le projet, d’emblée, était collectif. C’est un projet de vie qu’on a monté ensemble », nous dira plus tard Charline, qui ce matin récolte les carottes. Pendant ce temps, Hélène sort les vaches, Alexis retape le nouveau fournil, Julien fait chauffer un mélange d’eau et de malt d’orge, Thomas B. répare un tracteur tandis que Maxime et Clémence moulent des fromages, épaulés par Émilien, en stage.

« De chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins » :
À l’intérieur, Joséphine prépare le repas commun de midi, aidée par Marius, qui va bientôt être grand frère ! Sa mère se concentre ces temps-ci sur les tâches communes les moins physiques comme la préparation des repas, la comptabilité et l’administration du "Groupement agricole d’exploitation en commun" (Gaec). Un seul Gaec pour toutes les activités, qui compte autant de membres que de cogérants, et qui rémunère ses membres sur un compte commun. Indivision et solidarité, c’est la règle, autant dans le travail qu’en dehors : « On ne regarde pas les dépenses de chacun, tout le monde paie les cigarettes, les sorties, les habits des autres », affirme Joséphine. « Quand je vais faire une livraison, je n’ai pas l’impression de vendre la bière de Julien, le pain d’Alexis ou la viande de Clémence. Je vends les produits de notre ferme », complète Charline.

« De chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins » : la vieille utopie socialiste fonctionne, du moins à la Tournerie. En ce qui concerne les besoins, « chacun dépense selon ses envies en prenant dans le compte commun, explique le plus simplement du monde Clémence. Au début, tu te demandes si tu n’abuses pas, chaque fois que tu fais une dépense personnelle. Et puis après, ça roule ! Au quotidien, ça enlève une gestion énorme, et puis tu te prends pas la tête pour savoir qui va payer la tournée ! » sourit-ell
e.


L’utopie ne s’improvise pas:
Mais l’utopie ne s’improvise pas. Entre le « chiche ! »de fin de soirée et la création du Gaec, cinq ans plus tard, le groupe n’a pas écouté pousser les fleurs. La première étape a consisté à se forger des expériences personnelles en dehors du groupe, pour que chacun enrichisse sa vision du métier et des organisations agricoles. La deuxième étape, essentielle, a consisté à expérimenter le projet à petite échelle : en 2013, le groupe s’installe en collocation dans la région, et débute les productions en petites quantités. Il faut calibrer le modèle économique pour créer dix emplois viables avec le moins de ressources possibles, en pratiquant une agriculture « à forte valeur ajoutée ».

En parallèle de la réflexion sur le modèle économique, le projet communautaire est testé. Il y a les nombreuses réunions, où le groupe s’assure d’être sur la même longueur d’ondes en matière de rapport au travail, de rapport à l’argent. Il y a aussi l’expérimentation pratique : « Pendant plus d’un an, on a attribué un budget par caisse - nourriture, sorties, etc., explique Clémence. Et chaque fois que chacun faisait une dépense, il le notait (sans préciser son nom, ndlr). Non pas pour savoir qui dépensait quoi, mais pour savoir de combien chaque caisse devait être à peu près dotée pour couvrir nos besoins. Aujourd’hui, on ne compte plus : chacun a ses repères pour savoir ce qu’il peut dépenser ou pas. » Ce fonctionnement par pot commun, Clémence considère qu’il est une « belle réussite » mais n’en fait pas pour autant la panacée des collectifs agricoles : « À chaque groupe son fonctionnement. Quand on l’a mis en place, on se connaissait déjà très bien, on avait la "culture coloc", et à peu près le même mode de vie. »

Une autre étape décisive a été l’accès au foncier agricole. « On a eu de la chance. Les cédants nous ont attendus, alors qu’ils auraient pu vendre plus rapidement à l’agrandissement des agriculteurs voisins », explique Thomas G. Le groupe a mis un an à collecter les trois-quarts des 300 000 euros nécessaires à l’achat des terres, sous forme de souscriptions à la foncière Terre de liens, épaulée par les bénévoles de l’association locale. La foncière a ajouté le quart restant et acheté les 83 hectares qu’elle loue aujourd’hui aux jeunes agriculteurs. Quant aux bâtiments d’habitation, ils ont été acquis pour la somme de 300 000 euros par une société civile immobilière (SCI) créée par le groupe d’amis, aidés par leurs familles respectives. Dix « dotations jeunes agriculteurs » (DJA) (des aides à l’installation)n ont permis, en complément des emprunts, d’investir les 450 000 euros nécessaires au démarrage de la production. Nous sommes en 2015. Il n’y a plus qu’à...

Une ferme autonome où tout est lié:
600 euros nets multipliés par le nombre des personnes participant au pot commun. C’est pour l’instant la rémunération que s’octroient les jeunes paysans, avec l’objectif, « carrément atteignable », de franchir le palier du Smic d’ici deux ans. Pour y arriver, l’organisation qu’ils ont d’abord couchée sur le papier, puis concrétisée, ne peut qu’impressionner. On se demande par où commencer quand il s’agit de la présenter... Sur la table du repas de midi, il y a le pain fabriqué par Alexis. Les 200 kg hebdomadaires sont réalisés à partir des 5 ha de blé cultivés, et moulus sur place.

Le Gaec cultive également 2,5 ha d’orge de brasserie qui permettent à Julien de produire environ 100 hectolitres de bière par an. Les drêches (résidu d’orge), tout comme le son du blé, sont intégrés à la ration des 30 cochons, également nourris avec le petit lait de l’atelier fromagerie. Et il y en a, du petit lait : les fromagers ont transformé l’an dernier 70 000 litres de lait. En amont du fromage, il faut nourrir, quand elles ne sont pas en prairie, la cinquantaine de chèvres poitevines, et la dizaine de bretonnes Pie Noir. Pour cela, et pour compléter la ration des cochons, il faut cultiver du méteil (mélange de céréales et de légumineuses). Grâce aux troupeaux, l’atelier maraîchage peut amender les 4 ha cultivés en légumes. Il bénéficie aussi des tracteurs et autres appareils nécessaires à la culture des céréales. Le tout est vendu en circuits-courts : sur la ferme deux fois par semaine, ainsi que sur les marchés et dans les magasins bio.

En ce début d’après-midi, une équipe est partie récupérer le Partner. Dans la cour, Hélène change les couteaux de la faucheuse. Il y a aussi « Mimile » et Nathalie, qui sont venus rendre visite et donner un coup de main. Le couple, qui habite à proximité, vient régulièrement le mardi soir, jour de vente à la ferme, pour acheter le pain. Mais s’attarde volontiers aussi autour d’une bière, comme beaucoup : « Cela fait dix ans qu’on habite la région, et on a rencontré ici plein de voisins que l’on ne connaissait pas. C’est le genre de lieu de vie qui manquait à la commune. Cela va de 7 à 77 ans, et puis c’est pas comme dans un bar : les mamies seules ont plaisir à venir boire une bière ! », sourit-elle.

Le travail, à sa juste place:
« On n’avait pas prévu un tel succès du magasin sur la ferme, se réjouit Thomas G. Les gens restent, c’est facteur de lien, nous sommes vachement fiers de ça. » Si le succès se confirme, le groupe envisage de revoir son organisation de vente, en supprimant un marché par exemple : « Deux personnes mobilisées, de 4 heures à 15 heures, si on peut s’en passer, on va pas se gêner ! » Pour l’heure, le marché du samedi, à Limoges, est assuré à tour de rôle, pour que les autres puissent prendre leur week-end. Tout comme l’astreinte imposée par les animaux, qui mobilise une personne sur la ferme du samedi matin au dimanche soir. Autre règle : le groupe s’est imposé d’arrêter de travailler à 18 heures.

Pour y parvenir, le Gaec a renoncé à son souhait de polyvalence totale. Chaque atelier a son référent, et son nombre d’heures assignées. Hélène, référente chèvres, partage ainsi son temps de travail entre celles-ci et les vaches, car les chèvres ne doivent pas prendre plus d’un mi-temps dans l’organisation globale. Pour Clémence, c’est un mi-temps maximum pour les cochons, et un mi-temps à la fromagerie, sur laquelle Maxime travaille à temps plein. L’atelier maraîchage, que coordonne Thomas B., nécessite 3,5 emplois temps plein... etc. La taille de chaque atelier a été savamment pensée, afin que le travail et les investissements nécessaires soient rémunérateurs.

Pour autant, chaque atelier s’intègre dans un tout qu’il ne doit pas déstabiliser. La taille actuelle de l’atelier cochons, par exemple, permet de valoriser les déchets d’autres ateliers, et de dégager un mi-temps. Mais il nécessite aussi 6 ha de culture de méteil, et de l’espace à l’extérieur. Un atelier plus grand nécessiterait donc plus de méteil et de parcours, donc moins de prairies pour les vaches, ou d’orge pour la bière... L’interdépendance dans le travail, quant à elle, permet la souplesse nécessaire aux pics d’activité et aux imprévus : aller chercher un Partner en panne, ramasser les légumes les veilles de marché, faire les foins, etc. « On ne peut pas tout prévoir, c’est le vivant ! » sourit Hélène.

L’évolution du vivant humain et collectif
Le vivant, il est au cœur d’un atelier à part entière, « improductif », qui n’a sûrement pas bénéficié de DJA [1], mais que tous les membres du groupe estiment vital pour la dynamique de la ferme. L’organisation de la vie commune se fait souvent de manière informelle, à la fin du petit-déjeuner, où tout le monde se doit d’être présent, mais bénéficie également d’un créneau dans l’emploi du temps de tous : c’est « la réunion du mercredi ». « La vie commune, c’est comme pour l’organisation des autres ateliers, c’est pas magique : on a des outils, de la matière, des objectifs... », explique Maxime.

Depuis le début du projet, la communauté a décidé d’être accompagnée par un animateur en communication non violente, qui donne notamment « des clés pour comprendre les dynamiques du groupe et les mécanismes du conflit ». Actuellement, le groupe réfléchit à l’assouplissement du principe du compte commun. C’est Maxime qui a amené le sujet sur le tapis. Jeune marié, il s’investit aussi dans le projet économique de sa femme, qui importe du café péruvien, et doit pourvoir prioritairement aux besoins de sa belle famille, restée au Pérou. Pour le groupe comme pour Maxime, il a été décidé que le mieux était qu’il fasse compte à part.

« La question ne concerne pas que Maxime : on a des modes de vie qui s’écartent un peu, certains veulent lever le pied au niveau du travail, d’autres ont des projets d’habitation avec des conjoints extérieurs au groupe... Le groupe doit s’adapter aux évolutions personnelles pour que tout le monde se sente bien, analyse Clémence. En même temps, nous devons trouver les solutions pratiques pour que ça ne devienne pas une usine à gaz et que ça ne désorganise pas le groupe. » Le plus important pour y parvenir ? « Garder notre état d’esprit », répond-elle sans hésiter. Les meilleurs ingénieurs sont sûrement, comme les copains de la Tournerie, ceux qui savent que tout repose, finalement, sur l’humain.

Fabien Ginisty

Photo : ©️ Fabien Ginisty/L’Âge de faire

Cet article est tiré du numéro de juin 2018 du magazine L’âge de faire, partenaire de Basta !. Son dossier "À nous la terre !" est consacré à la réappropriation des terres agricoles…
Younes Terre
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Re: "La France des DRH" ? Parce que c'est mon "projet" !

le Sam 6 Oct - 16:08
"Macron dirige le gouvernement comme s'il était le PDG de Carrefour"
Rémi Clément  

Pour Benoît Meyronin, professeur à l'école de management de Grenoble, les déboires actuels du chef de l'Etat s'expliquent par une conception trop centralisée du pouvoir... à l'image des chefs de grandes entreprises cotées en Bourse

Challenges - Comment expliquez-vous les déboires managériaux connus par Macron avec la démission de deux de ses ministres ?

Benoît Meyronin - Dans le cas d’Emmanuel Macron, il y a un malentendu de départ. Parce qu’il est jeune, on lui a associé une image de modernité. Il a été élu sur la promesse d’un renouvellement des pratiques politiques, que l’on ne retrouve pas dans son exercice du pouvoir. La « promesse employeur », pour reprendre un terme du monde du travail, n’est pas tenue. Emmanuel Macron partage une vision assez ancienne selon laquelle le pouvoir se suffit à lui-même et garantit la fidélité de ses ministres. Or les démissions successives de Nicolas Hulot et Gérard Collomb, deux profils très différents, prouvent le contraire. La cause est la même : le pouvoir politique n’a plus le même pouvoir de séduction. Le culte de la haute fonction publique que l’on a sur-sacralisée, à travers notamment la figure de l’ingénieur et du fonctionnaire, est en train de disparaître. Nicolas Hulot, qui a longtemps travaillé avec la société civile, et Gérard Collomb, qui a œuvré pour le développement de sa ville de Lyon, montrent qu’il existe autre chose, de peut-être plus important que le pouvoir central. Et qu’ils ne sont pas prêts à avaler couleuvre sur couleuvre pour s’y maintenir… Emmanuel Macron n’a pas encore intégré cette donne.

A quoi ressemble la "pratique RH" d'Emmanuel Macron ?

A l’heure d’un management plus horizontal, plus participatif, Emmanuel Macron s’est enfermé dans cette conception jupitérienne du pouvoir, à l’aune de ce qu’il considérait comme l’erreur majeure de son prédécesseur, François Hollande, qui avait développé une vision plus simple, plus moderne, de « l’homme normal ». Il n’est pas dans un exercice équilibré du pouvoir, d’autant moins que son Premier ministre, Edouard Philippe, cultive sa discrétion. Emmanuel Macron centralise énormément le pouvoir à l’image des grandes entreprises, aujourd’hui, qui sous couvert d’une organisation horizontale, concentrent le pouvoir autour de quelques personnes. La comparaison peut sembler facile, mais il me fait un peu penser à Alexandre Bompard. Ce sont de jeunes gens brillants qui vont très vite, qui sont très sûrs d’eux, et qui ne ressentent pas forcément le besoin de consulter leurs salariés, concitoyens. C’est une attitude qui peut-être une qualité, dans les grandes organisations qui ont longtemps tergiversé ou au gouvernement qui a remis à plus tard certaines décisions – sur le statut des cheminots, l’ouverture à la concurrence de la RATP… Alexandre Bompard a pris des décisions stratégiques capitales, notamment pour combler le retard de Carrefour sur ses concurrents en termes de digitalisation.

Comment peut-il remédier à ses échecs successifs ?

Emmanuel Macron va être contraint d’engager le dialogue sur certains sujets qui nécessitent le débat, s’il veut être suivi. Si la réforme du statut des cheminots était assez consensuelle, il lui faudra trouver l’adhésion de ses concitoyens sur les sujets sociétaux. Même s’il estime que le travail de pédagogie a été entamé depuis plusieurs années, il ne pourra pas s’épargner une réflexion avec l’ensemble des acteurs politiques, pour dégager un accord. C’est un peu comme un plan de transformation d’une entreprise, il faut réussir à convaincre une majorité des salariés, on ne peut pas y aller à marche forcé
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Younes Terre
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Re: "La France des DRH" ? Parce que c'est mon "projet" !

le Sam 6 Oct - 17:49
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EddieCochran+
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Re: "La France des DRH" ? Parce que c'est mon "projet" !

le Dim 7 Oct - 15:45
71 -

Younes Terre a écrit:
"Macron dirige le gouvernement comme s'il était le PDG de Carrefour"
Rémi Clément  

Pour Benoît Meyronin, professeur à l'école de management de Grenoble, les déboires actuels du chef de l'Etat s'expliquent par une conception trop centralisée du pouvoir... à l'image des chefs de grandes entreprises cotées en Bourse

(...)

Précisons que lesdites grandes entreprises cotées en Bourse sont des entreprises françaises. Ces entreprises, issues du cpitalisme francaiui planifié fonctionnent selon les schéma de l'Administration napoléoniennes francaouie, en mode pyramidal.

Pour les avoir étudié de près et in situ, je dois avouer que ce qui m'a le plus surpris dans la façon structurelle de concevoir le fonctionnement d'une entreprise c'est qu'il y a deux modèles, l'anglo-saxon et l'allemand qui diffèrent fondamentalement du nôtre.

Le modèle états-unien par exemple est mixte : verticalité et horizontalité càd une combinaison  du mode jupitérien ou plutôt olympien pour ce qui est décisionnel et d'un mode horizontal pour ce qui est opérationnel. Et ça ça bouste, croyez-moi.

Le modèle allemand repose sur le mode participatif et consensuel, la marque déposée de ce que l'on appelle en classe d'économie le capitalisme rhénan, un mélange de paternalisme et de concertation ou chacun tient son rôle pour créer une synergie qui permette à l'entreprise de prospérer. Le grand avantage de ce modèle est d'avoir privilégié une structure de direction articulée entre un directoire et un conseil de surveillance qui contrôle le directoire et au sein duquel siègent des représentants des salariés, des syndicats et parfois des grandes parties prenantes comme les banques, les régions et les fournisseurs. Et ça ça marche bien. Contrairement aux Francaouis, les Allemands ont un instinct grégaire très développé ( que nous considérons souvent à tort comme un "sens de la discipline" mais qui serait schématiquement plus proche de la devise de notre République : la Fraternité, mais ça c'est une autre Histoire).
Younes Terre
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Re: "La France des DRH" ? Parce que c'est mon "projet" !

le Ven 12 Oct - 22:16
Ce rapport explosif discrètement enterré qui accable un proche d'Emmanuel Macron
Jean-Paul Delevoye, président de la commission nationale d'investiture d'En Marche !, est épinglé par un rapport concernant la gestion du Conseil économique, social et environnemental, du temps où il en était le président.

Les termes sont édifiants : "crise de modernisation", "augmentation du stress et des facteurs anxiogènes", "dévalorisation des agents", "confusion des missions et des moyens". En 2013, le Conseil économique, social et environnemental commande un rapport au cabinet Technologia (proche du syndicat Force Ouvrière) pour évaluer le management après cinq années de présidence de Jean-Paul Delevoye, un homme de 70 ans devenu depuis président de la commission nationale d'investiture du mouvement En Marche !.

Le texte de ce rapport de 103 pages sera tellement accablant qu'il aurait alors été soigneusement enterré. Mais le site Internet "L'oeil pour le dire" a réussi à "l'exhumer". En effet, les salariés de l'institution y dénoncent notamment une ambiance “tendue” (pour 62 % d'entre eux), "conflictuelle” (58 %), “anxiogène” (53 %) ou encore “malveillante” (30 %). Par ailleurs, 27,5% des répondants sont exposés de manière élevée ou très élevée à l’épuisement professionnel. Les conséquences sont alors multiples : "multiplication des arrêts de travail et des cas de burn out, tentative de suicide avérée par la médecine du travail, plainte en justice pour harcèlement, distributions de tracts syndicaux à l’intérieur et à l’extérieur de la maison – une première dans l’histoire du Conseil- mobilisation des partenaires sociaux", liste "L'oeil pour le dire".


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EddieCochran+
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Re: "La France des DRH" ? Parce que c'est mon "projet" !

le Sam 13 Oct - 0:27
73 -

[quote="Younes Terre"]
Ce rapport explosif discrètement enterré qui accable un proche d'Emmanuel Macron
Jean-Paul Delevoye, président de la commission nationale d'investiture d'En Marche !, est épinglé par un rapport concernant la gestion du Conseil économique, social et environnemental, du temps où il en était le président.

.. liste "L'oeil pour le dire". (...)

Bof, vieille neige, un rapport de 1914, c'est déjà dépassé.

Le président de L'œil pour le dire Cédric Viala est connu pour être le Liquidateur de l'entreprise MONSTYLEDEVIE à Courbevoie.
Pourtant il installe L'œil pour le dire dans le 16ème arrondissement de Paris. Accablant pour un dézingueur.
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Re: "La France des DRH" ? Parce que c'est mon "projet" !

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