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EddieCochran+
Messages : 1828
Date d'inscription : 15/10/2017

Conflit social à la SNCF : Bashing or Lauding ?

le Mar 10 Avr - 20:42
Rappel du premier message :

Dans le fil C'est la grève notre excellente camarade Chroniquette posait la question suivante :


Re: c'est la grève
Hier à 17:09
Manquait plus que ça !!!!    Razz  

Soyons sérieux. J'ai une question juridique à poser et j'aimerais une réponse étayée : Guillaume Pépy a annoncé déjà un gros déficit à cause de la présente grève tournante (que personne ne rigole please !). Le plus simple ne serait-il pas que l'Etat déclare la SNCF en faillite et vende le tout aux plus offrants ? Est-ce imaginable ou totalement impossible à cause du statut, non des cheminots, mais de la SNCF elle-même ?

Pour positionner le cadre de cette réflexion, reportons-nous 80 ans en arrière :

"Transport. 1937, nationalisation ambiguë du rail
Rémi Brouté, socio-économiste
Mercredi, 30 Août, 2017
L'Humanité

L’histoire de la SNCF est liée à celle du Front populaire et de la lutte des cheminots. AFP
Le 31 août, un décret-loi confie l’exploitation et la construction des réseaux à la Société nationale des chemins de fer français (SNCF).
La SNCF voit le jour au crépuscule du Front populaire. Nous sommes à l’été 1937. Le vent des conquêtes sociales a tourné. La pause est décrétée dans les réformes. Le socialiste Léon Blum a cédé sa place à la tête du Conseil, le 30 juin, au radical Camille Chautemps. Le cabinet, recentré à droite, obtient du Parlement les pleins pouvoirs jusqu’au 31 août pour prendre « toutes mesures tendant à assurer » en priorité « le redressement économique » et « l’équilibre du budget ». L’exécutif décide alors de régler le sort d’un système ferroviaire au bord de la faillite. La dépression économique et la concurrence du transport routier, dont l’essor est favorisé, ont accru les difficultés récurrentes du rail. Le déficit accumulé par les différents réseaux, gérés pour la plupart par des compagnies privées, menace d’atteindre les 30 milliards de francs. Or, ce passif pèse sur les comptes publics, auxquels il est imputé à travers un fonds commun.

Au terme d’une négociation éclair, le gouvernement impose une réorganisation visant à unifier et rationaliser l’activité ferroviaire sous la tutelle de l’État. Une convention, conclue sur le fil avec les patrons des compagnies le 31 août 1937, scellée par un décret-loi, confie « l’exploitation et, s’il y a lieu, la construction » des réseaux à la SNCF. La nouvelle entreprise, regroupant 500 000 agents, est soumise au droit commercial. Mais l’État détient 51 % du capital. Il exerce son contrôle par sa voix prépondérante au conseil d’administration et sa faculté de désigner les principaux membres du comité de direction. Les compagnies, en échange de leur apport, perçoivent un nombre d’actions d’une valeur de 695 millions de francs.
Quatre sièges du conseil d’administration – sur 33 – sont concédés aux représentants du personnel. La création de la SNCF prendra effet au 1er janvier 1938 avec expiration de la société au 31 décembre 1982, date d’un retour dans le giron de l’État.

L’État patron lance un plan de fermeture de 10 000 kilomètres de lignes voyageurs en 1938

Que penser de cette restructuration qui fait dire à Camille Chautemps que « nous avons évité le double écueil de laisser dominer l’intérêt public par les intérêts particuliers ou de soumettre les chemins de fer à un régime de bureaucratie étatique » ? Pour la fédération CGT des cheminots, en tout cas, le compte n’y est pas. Son dirigeant, Pierre Semard, juge que « la nationalisation reste à faire ». L’organisation maintient son exigence d’une appropriation démocratique reposant sur un pouvoir de décision également réparti entre représentants de l’État, des usagers et du personnel. Elle se prononce, en outre, pour une politique de coordination des transports rompant avec une logique de concurrence qui consiste, comme le prévoit un décret pris en marge de la création de la SNCF, à organiser « des lignes automobiles destinées au remplacement des services ferroviaires ».

En réalité, la nationalisation des chemins de fer couve depuis l’ouverture des premières lignes de train dans lesquelles ont investi des banquiers comme Rothschild ou Pereire. À la faveur de la révolution de 1848, le ministre républicain Duclerc défendra, en vain, un projet de rachat « de toutes les actions de chemin de fer », considérant qu’« abandonner les transports à des compagnies privilégiées, c’est abandonner le pouvoir de régler la consommation et la production, de fixer la valeur et le prix de tous les objets ».

Le 19 février 1911, dans l’Humanité, Jean Jaurès estime que « les travailleurs de la voie ferrée ont vu juste lorsque l’autre jour ils ont demandé (…) que l’ensemble des réseaux fût nationalisé » car « il y a pour la classe ouvrière un intérêt vital à ce que des services publics démocratiquement gérés se substituent aux monopoles capitalistes ».
La revendication est réaffirmée lors de la grève massive des cheminots en 1920, année même où un certain Léon Blum présente une proposition de loi visant à la « nationalisation industrialisée » du réseau. Pourtant, c’est finalement sans délibération parlementaire, en évinçant les syndicats de la table des négociations, que le cabinet Chautemps a élaboré une formule de société d’économie mixte semblable à celle déjà expérimentée en 1932 pour Air France. L’objectif est d’abord d’amener le système ferroviaire à l’équilibre financier « intégral ».

À la fin de 1938, l’État patron lance ainsi un plan de fermeture de 10 000 kilomètres de lignes voyageurs et soumet les personnels à une hausse du temps de travail. Comme le résume l’historien Georges Ribeill, la SNCF connaît dès lors les ambiguïtés de son statut hybride, « condamnée à concilier service public et équilibre économique devant une concurrence croissante et sous la tutelle d’un État exigeant mais toujours avare de ses deniers ». Et sa transformation en établissement public industriel et commercial, le 1er janvier 1983, n’aura pas suffi à infirmer, jusqu’à ce jour, le constat de Pierre Semard : « La nationalisation reste à faire. »

Pour en savoir plus...
Plusieurs ouvrages et publications permettent de situer les enjeux historiques des chemins de fer :
- les Cheminots, de Georges Ribeill, la Découverte, collection « Repères », 1996 ;
- le Statut des chemins de fer français et leurs rapports avec l’État, 1908-1982, hors-série n° 4 de la Revue d’histoire des chemins de fer, 1996, incluant un texte de Jean Kalmbacher sur la convention du 31 août 1937 ;
- Au croisement de l’état, du service public et du marché, recherche sur les chemins de fer en droit administratif français, de Laurent Quessette, presses universitaires d’Aix-Marseille, 2013 ;
- Histoire des chemins de fer en France (1937-1997), de François Caron, Fayard, 2017 ;
- Service public, l’indéracinable espoir, édité par le comité central du groupe public ferroviaire, 2016, consultable en ligne sur le site [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
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Finalement, pour que tout change, il faut que rien ne change... La France éternelle, quoi !

Kalawasa
Messages : 2473
Date d'inscription : 15/10/2017

Re: Conflit social à la SNCF : Bashing or Lauding ?

le Mer 12 Sep - 16:17
Ils sont vraiment cons , ces cheminots .Ils n'ont qu'à imiter les compagnies d'aviation qui systématiquement surévaluent la durée d'un trajet : ainsi, ils atterrissent toujours avant l'horaire prévu...., et ont droit aux applaudissements des voyageurs bisounours entubés !  cheers
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EddieCochran+
Messages : 1828
Date d'inscription : 15/10/2017

Re: Conflit social à la SNCF : Bashing or Lauding ?

le Mer 12 Sep - 19:02
50 -

Kalawasa a écrit:Ils sont vraiment cons , ces cheminots .Ils n'ont qu'à imiter les compagnies d'aviation qui systématiquement surévaluent la durée d'un trajet : ainsi, ils atterrissent toujours avant l'horaire prévu...., et ont droit aux applaudissements des voyageurs bisounours entubés !  cheers

C'est que les chemins de traverses que vous proposez Cher Kalawasa ferait sortir la culture de l'entreprise de ses rails à tire-d'aile ...
Younes Terre
Messages : 846
Date d'inscription : 07/04/2018

Re: Conflit social à la SNCF : Bashing or Lauding ?

le Mer 19 Sep - 21:55
La SNCF envisage de fermer les guichets des gares d'Avignon-Centre, Montfavet et Le Thor
Mardi 18 septembre 2018 à 18:24
Par Philippe Paupert, France Bleu Vaucluse


Les guichets des gares d'Avignon-Centre, Montfavet et Le Thor pourraient fermer à partir d'octobre. La SNCF explique qu'elle doit s’adapter à la baisse de fréquentation aux guichets car les voyageurs achètent davantage leurs billets sur internet ou via les applications mobiles.
Younes Terre
Messages : 846
Date d'inscription : 07/04/2018

Re: Conflit social à la SNCF : Bashing or Lauding ?

le Sam 6 Oct - 18:15
Rail : en Allemagne, la Deutsche Bahn est en mauvaise voie
27/09/2018
En Allemagne la Deutsche Bahn, l'équivalent de notre SNCF, a fait face au défi de la concurrence il y a plus de vingt ans. Aujourd'hui, sa dette s'alourdit, ses revenus sont en baisse et la ponctualité de ses trains se dégrade.

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EddieCochran+
Messages : 1828
Date d'inscription : 15/10/2017

Re: Conflit social à la SNCF : Bashing or Lauding ?

le Dim 7 Oct - 15:11
53 -

Younes Terre a écrit:
Rail : en Allemagne, la Deutsche Bahn est en mauvaise voie
27/09/2018
En Allemagne la Deutsche Bahn, l'équivalent de notre SNCF, a fait face au défi de la concurrence il y a plus de vingt ans. Aujourd'hui, sa dette s'alourdit, ses revenus sont en baisse et la ponctualité de ses trains se dégrade.

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L'article en question précise que la DB présente une organisation similaire à celle de la SNCF, donc, personnellement ça ne m'étonne pas que ça merdoye...
Younes Terre
Messages : 846
Date d'inscription : 07/04/2018

Re: Conflit social à la SNCF : Bashing or Lauding ?

le Ven 12 Oct - 10:00
Mais ils croient quoi les client de la SNCF? Qu'ils sont encore les usagés d'un service publique ?

SNCF : les internautes furieux des prix des billets de train pour les vacances de Noël
Face au nombre de messages, la SNCF a réagi en justifiant ces prix élevés par une demande toute aussi élevée.
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Mab-des-bois
Messages : 271
Date d'inscription : 05/07/2018

Re: Conflit social à la SNCF : Bashing or Lauding ?

le Ven 12 Oct - 13:09
Younes Terre a écrit:Mais ils croient quoi les client de la SNCF? Qu'ils sont encore les usagés d'un service publique ? 


A-h ça, usagés... Vachement usagés par le sevice; c'est bien simple, je ne prends plus le train.

Tarifs aléatoires, retards garantis, arrivée probable mais non certifiée, dans le privé on sait qu'un client se respecte.
Dans le privé.
Younes Terre
Messages : 846
Date d'inscription : 07/04/2018

Re: Conflit social à la SNCF : Bashing or Lauding ?

le Ven 12 Oct - 14:25
Mab-des-bois a écrit:
Younes Terre a écrit:Mais ils croient quoi les client de la SNCF? Qu'ils sont encore les usagés d'un service publique ? 


A-h ça, usagés... Vachement usagés par le sevice; c'est bien simple, je ne prends plus le train.

Tarifs aléatoires, retards garantis, arrivée probable mais non certifiée, dans le privé on sait qu'un client se respecte.
Dans le privé.

Qui sont les cadres qui étaient à la tête de le SNCF pour mettre en place la politique commerciale et l’organisation de la SNCF ? La CGT?


SNCF : la ministre Florence Parly touchait 52.000 euros par mois pour vous faire préférer le train
Par Étienne Girard
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C'est pas un peu facile de désorganiser un système pour l'accuser en suite de tous les maux pour mieux le brader au privé?
Si elle a été payé pour cela qu'elle garde l'argent et s'étouffe avec mais si non elle a échoué à vous faire aimer le train : qu'elle rende l'argent pour manque de résultat!
Younes Terre
Messages : 846
Date d'inscription : 07/04/2018

Re: Conflit social à la SNCF : Bashing or Lauding ?

le Ven 12 Oct - 22:04
Voilà une initiative qui devrait vous réconcilier avec la sncf , du management au mérite

Amendes SNCF: un concours interne offre des chèques cadeaux aux agents qui mettent le plus de PV
À Asnières dans les Hauts-de-Seine, celui ou celle qui montera sur la plus haute marche du podium obtiendra 250 euros.
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EddieCochran+
Messages : 1828
Date d'inscription : 15/10/2017

Re: Conflit social à la SNCF : Bashing or Lauding ?

le Sam 13 Oct - 0:47
58 -

Younes Terre a écrit:Voilà une initiative qui devrait vous réconcilier avec la sncf , du management au mérite

Amendes SNCF: un concours interne offre des chèques cadeaux aux agents qui mettent le plus de PV
À Asnières dans les Hauts-de-Seine, celui ou celle qui montera sur la plus haute marche du podium obtiendra 250 euros.
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Les fonctionnaires imaginent systématiquement que dans la gestion des agents contractuels sous contrats de travail de droit privé ils ont le droit de leur exiger tout ce qu'ils ne peuvent pas faire avec le personnel titulaire. Comme si la règle normale du travail dans le privé était celui de la chiourme et de la schlague. C'est lamentable.

Quant à lutter contre les fraudes personne ne peut contester le principe. Il reste la méthode. Le principe de LAF et des CC à la SNCF est antérieur à la récente réforme. Juste dit pour remettre les choses en perspective...

Pour les personnes sous contrat de droit privé il n'y a pas pire patron que l'Etat.
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Kalawasa
Messages : 2473
Date d'inscription : 15/10/2017

Re: Conflit social à la SNCF : Bashing or Lauding ?

Hier à 20:21
Lauding la SNCF !   cheers  (à condition qu'elle prenne exemple sur les britanniques )

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Re: Conflit social à la SNCF : Bashing or Lauding ?

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